Transcender le terrien

Dès la naissance nous subissons les limites de l’édifice social construit à partir des réflexes de survie programmés dans l’ADN et alimenté par le sentiment d’appartenance transmis de générations en générations. Ce sentiment d’appartenance induit un devoir de cohérence et la reproduction du connu, aussi longtemps qu’un état de conscience individuel élargi ne vient pas remettre en question les réflexes et les règles établis au sein de la communauté.

Le développement social est né de la prise de conscience de notre environnement et de notre aptitude à le maîtriser pour répondre au besoin de nous protéger. Nos structures sont développées et organisées à partir de la connaissance acquise et du savoir admis. Les moyens mis en place au départ pour faciliter notre vie, tendent aujourd’hui vers davantage de confort selon le milieu dans lequel nous sommes nées. Cette organisation sociale qui va du très rudimentaire pour le plus grand nombre à une existence outrageusement aisée pour une minorité, n’en demeure pas moins développée d’un point de vue de son fonctionnement structurel (réalité physique) mais reste encore hyper atrophiée sur le plan de la conscience du fonctionnement psychologique de l’individu (réalité psychique). Pourquoi ?

Le développement de la parole chez l’Homme a été la conséquence de son évolution encéphalique accompagnée d’un redressement anatomique du pharynx. Sa capacité de discernement et d’imagination (idée) et la prise de conscience de l’influence qu’il est capable d’exercer sur son environnement (pouvoir), ont motivé sa manifestation dans le concret (acquisition de la connaissance par le vécu dans la Matière) et le partage d’informations (verbalisation de l’expérience). Ce développement du langage est rapidement devenu une nécessité pour s’organiser en groupe. Il n’en reste pas moins que l’apprentissage du langage est réfréné par la peur de l’environnement. Le processus d’apprentissage nécessite de surmonter ses craintes réflexes pour oser vivre l’expérience dans la matière, dépasser les limites du connu et entrer en contact avec l’autre en dépassant les réflexes de protection inscrits dans notre ADN. Concrètement, nos capteurs sensoriels captent l’information de la situation vécue et nous expérimentons l’idée qui nous vient, soit dans l’Agir et le Dire instantanés parce que nous sommes en terrain connu, soit de manière détournée ou carrément avortée parce que l’incertitude et les doutes refreinent notre élan. Pourquoi ?

Dans chacune des situations que nous vivons, le réflexe de survie nous impose une « gestion des risques » systématique. Consciemment ou pas, nous sommes soumis à la peur de se mettre en danger (limite physique) et avec la sociabilisation se rajoute la peur de perdre la face vis-à-vis de l’autre (limite psychologique). Nous en sommes ainsi toujours au même point : vouloir protéger notre territoire qu’il soit réel (intégrité physique) ou conceptuel (intégrité psychologique). Nous vivons dans une prévention permanente et un contrôle principalement passé sous silence, pris dans l’étau entre les références admises (Savoir, « ça se fait, ça ne se fait pas ») et les expériences vécues (Connaissance, « je m’autorise, je ne m’autorise pas »). Tant que ce jeu reste inconscient, c’est-à-dire sans reconnaître les mécanismes qui nous gouvernent, nous sommes soumis à la réalité des apparences qui dénature notre relation directe à la Réalité. Le décalage entre l’instant vécu par nos sens (sans aucune forme de contrôle) et notre perception filtrée par les limites conceptuelles que nous nous imposons (réflexes, croyances, idées reçues, etc.) génère une dualité entre ce que nous sommes – notre intégrité : état non révélé pour la grosse majorité d’entre nous – et ce que nous croyons être – image que nous nous construisons de nous-même à partir de ce que les autres projettent sur nous selon leurs attentes, désirs, envies, peurs, angoisses, doutes, incertitudes, références, éléments de comparaison, jugements, besoins d’avoir raison, besoins de se positionner pour se sentir exister à nos yeux, etc. Et nous faisons tous pareil sans nous rendre compte que nous sommes déconnectés de notre corps-matière, en proie à protéger notre image. D’où le statu quo généralisé, à préférer jouer le jeu des apparences en se disant que le but est de s’en sortir avec si possibles quelques coups d’éclats çà et là pour se conforter dans un semblant d’auto-reconnaissance. Notre incapacité à nous ouvrir sans condition pour accueillir l’Information et notre difficulté à transcender nos réflexes de protection par ignorance des mécanismes qui nous gouvernent, induisent une rétention énergétique quasi permanente et une impossibilité de révéler ce que nous sommes dans l’état actuel de notre conscience. Ce manque de fluidité induit des émotions refoulées qui constituent le premier handicap physique de l’individu. Il suffit d’oser regarder son corps-matière devant un miroir pour s’en rendre compte. Lorsque cet état de fait vient à la conscience : la honte, les regrets et la nostalgie d’une vie différente prennent le dessus. Les sentiments nous submergent, nous sommes pris par les souvenirs que notre mémoire brandit telle la preuve du désaveu de notre potentiel. Alors résigné et frustré, nous retournons dans le jeu des apparences. La culpabilité nous impose de redonder dans l’éternel procrastination avec comme seule consolation caresser le doux rêve que l’occasion de prendre une revanche sur la Vie finira bien par arriver…

La cartographie du terrien à l’Humain décrit l’État de la Connaissance qui nous gouverne jusqu’au jour où nous décidons d’être volontaire pour assumer avec courage et persévérance les nécessaires transformations psychiques et transmutations physiques qui ouvrent à l’État de la Conscience et à la reconnaissance de l’ÊTRE.

Bonne lecture

DAVID

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